Témoignage de Claude Bloch

Témoignage de Claude Bloch, matricule B3692, raconte sa déportation à la classe des 3eB (Mme BARRET): 
Mercredi 31 janvier 2018, Claude Bloch est venu dans la classe pour témoigner de son passé.
Il est né le 1e novembre 1928 à Lyon. Durant la guerre, sa famille ne se déclare pas comme étant juive. En février 44, sa grand-mère à vent qu’il va y avoir une rafle. Ils quittent Lyon. Mais sa mère travaille toujours dans la ville et lui vient étudier.
Le 29 juin 44, Paul Touvier et sa milice débarque chez Claude qui a 15 ans. Ils ont été dénoncés. Son grand-père, sa mère et lui sont arrêtés et emmenés pour être interrogés. Son grand-père meurt des suites de l’interrogatoire dans les caves de la Gestapo de Lyon.
Avec sa mère, Claude est emmené dans la prison Montluc, le 30 juin. Il reste dans la baraque aux juifs jusqu’au 20 juillet où il est appelé (« avec bagage » c’est-à-dire qu’il ne sera pas fusillé mais transféré ailleurs).
De la gare de Perrache, ils arrivent en train à Drancy le 22 juillet. C’est un camp où tous les juifs sont rassemblés avant d’être transférés vers l’Est.
Le 31 juillet, avec sa mère et 1000 autres adultes ainsi que 300 enfants, il est embarqué dans un wagon, sans eau, sans nourriture, juste avec sa valise.
Le 3 août, dans la nuit, ils arrivent au camp d’Auschwitz-Birkenau. Ils sont accueillis par des cris et des aboiements de chien. Les soldats SS organisent le tri: les hommes sont d’un côté et les femmes et les enfants de l’autre.  Claude se place du côté de sa mère qui le repousse du côté des hommes. Il ne la reverra plus jamais (« Ce jour-là, elle m’a sauvé la vie »). Les aptes au travail, dont fait partie Claude partent à pieds vers un autre endroit (environ 3 km de marche) et les inaptes sont emmenés dans les chambres à gaz.
Claude arrive dans un bâtiment où on lui ordonne de se déshabiller. Il est rasé et tatoué (n° B3692). Ils ne sont plus considérés comme des hommes mais comme des animaux.
Dans le dortoir, il n’y a qu’une paillasse pour deux. Le réveil est rapide par le hurlement des kapos (prisonnier de droit commun les plus violents souvent)  vers 4 heures – 4heures 30. Il arrive que certains ne se lèvent pas, ils sont morts durant la nuit. Claude et ses camarades doivent se ranger au garde à vous dans la cour où ils sont comptés. Le matin, il ne mange qu’un « café ».
Claude part ensuite travailler. Il fait parti du kommando de terrassement de Monowitz. Le retour se fait avant la nuit, au pas. Le soir, les SS refont l’appel mais celui-ci peut durer des heures pour les faire attendre debout.
Le soir, ils reçoivent environ 200 gr de pain noir avec un peu de margarine.
Le dimanche, ils ne travaillent pas mais ils ont interdiction de rentrer dans les baraquements.
En hiver 44, Claude prend un train à Birkenau pour Stutthof, au bord de la mer Baltique. Les SS commencent à évacuer le camp car l’armée soviétique avance. Il travaille dans une usine avec des Polonais. Les SS finissent par déserter le camp. Claude et ses camarades commencent « les marches de la mort ». Il prend un bateau qui finit par l’amener en Suède le 10 mai 1945. Il ne pèse plus que 30 kg.
Le 20 juillet 1945, il débarque à Cherbourg dans le Nord de la France. Il arrive à Lyon le 22 juillet où il rejoint sa grand-mère. Il lui apprend la mort de son grand-père et de sa mère.
Depuis les années 90, Claude témoigne de son passé devant les élèves. Il a participé au procès de Paul Touvier en tant que partie civile. Il est décoré de la médaille de la Légion d’Honneur depuis 2015.
ClaudeBloch